Les vermicelles de riz vietnamien occupent une place centrale dans la cuisine du Vietnam, du nord au sud. Derrière ce mot générique se cachent pourtant plusieurs familles de nouilles, avec des diamètres, des textures et des usages très différents : le bún, le phở et le miến ne se cuisent pas de la même manière et ne racontent pas la même histoire culinaire.
Chez Mây Bay, restaurant vietnamien 100 % végétarien et végane à Vincennes, ces nouilles structurent une grande partie de la carte. Voici un guide complet pour les reconnaître, les cuire correctement et comprendre comment elles sont mises en valeur dans nos assiettes.
Vermicelles de riz vietnamien, cuisson et guide 2026
Temps de lecture : ~8 min
- Bún, phở, miến : trois familles de nouilles à ne pas confondre
- Composition et fabrication des vermicelles de riz
- Cuisson, trempage et texture : comment réussir ses vermicelles
- Quantité par personne et repères nutritionnels
- Les vermicelles dans la cuisine végétale de Mây Bay
- Choisir et gérer ses vermicelles de riz en restauration
- Aller plus loin avec les vermicelles de riz vietnamien
- FAQ
Bún, phở, miến : trois familles de nouilles à ne pas confondre
Le mot bún désigne en vietnamien des vermicelles ronds et fins, obtenus à partir de riz trempé, broyé puis transformé en fils. On les sert le plus souvent froids ou tièdes, dans des salades composées, des bols de vermicelles ou des rouleaux de printemps frais.

Les nouilles de phở, elles, sont plates, plus larges, et pensées pour le bouillon : leur surface accroche les aromates et se gorge de liquide sans se déliter trop vite. Le miến, enfin, n’est pas un vermicelle de riz : il s’agit de nouilles translucides, souvent à base de haricot mungo ou de tubercules, à la texture plus élastique et glissante. Cette distinction est importante, car de nombreuses fiches produits françaises emploient les termes nouilles de riz, vermicelles de riz et bún de manière interchangeable.
À ces trois familles s’ajoutent deux variantes reconnaissables. Le bánh hỏi se présente sous forme de fils extrêmement fins tissés en petites nattes, servis tièdes avec des herbes fraîches vietnamiennes. Le bún bò Huế, spécialité originaire de la ville impériale de Huế, utilise au contraire des vermicelles nettement plus épais, capables de tenir dans un bouillon corsé sans s’amollir. Comprendre la différence bún phở miến, c’est déjà comprendre pourquoi un même bouillon ne donnera jamais le même plat selon la nouille choisie.
| Type de nouille | Base | Forme et diamètre | Usage principal | Préparation courante |
|---|---|---|---|---|
| Bún | Farine de riz, eau | Ronde, fine | Bols de vermicelles, salades, rouleaux frais | Trempage ou cuisson de 3 à 5 minutes |
| Bún bò Huế | Farine de riz | Ronde, épaisse | Bouillon relevé de Huế | Cuisson plus longue, texture ferme recherchée |
| Phở | Farine de riz | Plate, large | Soupe, bouillon clair | Réhydratation brève, ajout dans le bol au service |
| Bánh hỏi | Farine de riz | Très fine, tissée | Plats tièdes aux herbes | Cuisson à la vapeur |
| Miến | Haricot mungo ou tubercules | Fine, translucide | Soupes, plats sautés | Trempage à l’eau chaude |
Composition et fabrication des vermicelles de riz
La composition d’un bon vermicelle reste simple : farine de riz, eau, parfois un peu de sel et, dans certaines références vendues en France, de l’amidon de tapioca pour améliorer la tenue et l’élasticité. Certaines fiches produits indiquent ainsi une recette à base de 90 % de farine de riz complétée par de l’amidon de tapioca. Plus la liste d’ingrédients est courte, plus le comportement du produit à la cuisson sera prévisible.
La fabrication traditionnelle suit une série d’étapes précises. Le riz est lavé puis trempé longuement, jusqu’à 36 heures dans un procédé décrit par une étude consacrée à la production de bún à partir de riz brun. Vient ensuite le broyage humide, qui transforme les grains en une suspension à taux d’humidité contrôlé. La pâte passe par une extrusion alimentaire qui forme les fils, puis par une cuisson à la vapeur autour de 100 °C. C’est à ce moment que se produit la gélatinisation de l’amidon, étape qui donne au vermicelle sa souplesse et sa transparence caractéristiques. Refroidissement et séchage terminent le cycle.
Le diamètre de nouille, le taux d’amidon et la qualité du séchage expliquent ensuite pourquoi deux paquets d’apparence identique ne se comportent pas de la même façon dans une assiette.
Bon à savoir
Un vermicelle bien fabriqué doit rester souple sans se désagréger, tenir une sauce et conserver sa texture après refroidissement. C’est précisément ce que l’on cherche pour un bol de vermicelles servi tiède.
Cuisson, trempage et texture : comment réussir ses vermicelles
La question qui revient le plus souvent est celle de la méthode : faut-il tremper ou cuire les vermicelles de riz ? Les deux approches existent et dépendent surtout de l’épaisseur du produit. Pour des vermicelles fins destinés à des rouleaux de printemps frais ou à une salade, un trempage suffit. Certaines références conseillent un bain d’environ dix minutes dans une eau presque bouillante, d’autres un trempage de cinq à sept minutes à l’eau froide suivi d’un passage rapide en eau très chaude. Tang Frères recommande de couvrir les vermicelles d’eau bouillante pendant trois minutes, et deux minutes seulement lorsqu’ils sont ensuite destinés à un plat sauté asiatique.
Méthodes de cuisson et de trempage
Pour la cuisson classique, la marche à suivre tient en quelques gestes simples que nous appliquons quotidiennement en cuisine :
- Porter un grand volume d’eau à ébullition, car un manque d’eau concentre l’amidon et favorise le collage.
- Plonger les vermicelles et compter de trois à cinq minutes selon l’épaisseur, en goûtant avant la fin du temps indiqué.
- Égoutter immédiatement, puis procéder à un rinçage à l’eau froide pour stopper la cuisson et éliminer l’amidon de surface.
- Laisser un égouttage complet de plusieurs minutes avant de dresser, sans jamais stocker les nouilles encore chaudes en bloc compact.
Le problème des vermicelles de riz collants vient presque toujours de l’un de ces points : une cuisson trop longue, un volume d’eau insuffisant, l’absence de rinçage ou un égouttage bâclé suffisent à transformer un bol léger en masse compacte. À l’inverse, des vermicelles trop durs signalent un trempage trop court ou un diamètre plus épais que prévu. Lorsque les nouilles doivent ensuite être réchauffées dans un bouillon ou sautées, mieux vaut réduire légèrement le temps indiqué sur l’emballage.
Quantité par personne et repères nutritionnels
Portions et repères nutritionnels
La quantité de vermicelles de riz par personne dépend du plat. Une base indicative de 50 g de produit sec par personne figure sur plusieurs fiches commerciales. En pratique, on compte plutôt 50 à 80 g pour un bol de vermicelles généreux, 40 à 60 g pour une soupe où le bouillon et les garnitures prennent de la place, et 40 à 50 g en accompagnement. Il faut garder en tête la différence entre portion sèche et portion réhydratée : les nouilles multiplient leur poids en absorbant l’eau, ce qui explique les écarts spectaculaires entre les valeurs affichées sur les étiquettes.

Côté vermicelles de riz calories, les fiches produits disponibles en France annoncent environ 354 kcal pour 100 g de produit sec, avec près de 87 g de glucides, 1,4 g de protéines et pratiquement aucune matière grasse. Des vermicelles de riz brun affichent de leur côté environ 351 kcal, 72 g de glucides, 7,2 g de protéines et 4,6 g de fibres pour 100 g. Certaines fiches mentionnent des valeurs bien plus basses, autour de 56 kcal pour 100 g, qui correspondent à un produit hydraté. Ces chiffres varient donc selon la marque et le mode de calcul, et ne doivent jamais être lus comme une norme officielle.
| Produit | Calories | Glucides | Protéines | Autres |
|---|---|---|---|---|
| Vermicelles de riz standard | 354 kcal | 87 g | 1,4 g | Matière grasse négligeable |
| Vermicelles de riz brun | 351 kcal | 72 g | 7,2 g | 4,6 g de fibres |
Retenez surtout qu’un vermicelle est un aliment majoritairement glucidique, pauvre en lipides, et qui ne constitue pas un repas complet sans légumes, herbes et source de protéines végétales.
La question des vermicelles de riz sans gluten revient souvent, notamment chez nos clients attentifs à leur alimentation. Le riz ne contient pas de gluten, et la plupart des produits à base de farine de riz et d’amidon de tapioca sont donc compatibles avec un régime sans gluten. La prudence reste néanmoins de mise : seule l’étiquette du fabricant fait foi, car une contamination croisée allergènes peut survenir lors de la production ou du conditionnement. Les règles d’étiquetage des allergènes, rappelées par l’Anses et encadrées au niveau international par le Codex Alimentarius, imposent une lecture attentive de chaque emballage. En salle, nous demandons toujours à nos clients de nous signaler leurs intolérances avant la commande.
Les vermicelles dans la cuisine végétale de Mây Bay
Exemples de plats de vermicelles chez Mây Bay
Dans un restaurant entièrement végétarien et végane, la nouille cesse d’être un simple support. Elle devient l’élément qui porte la fraîcheur, les herbes et la sauce. Notre Bún chả giò, vermicelles aux nems croustillants aux légumes, est la version végétale du célèbre bò bún que beaucoup connaissent. On y retrouve la même architecture : un lit de vermicelles tièdes, des crudités, des herbes fraîches vietnamiennes, des nems dorés et une sauce claire végétale qui remplace le nuoc-mâm traditionnel.
Le Hủ tiếu Mây Bay, lui, joue sur une nouille de riz servie en bouillon, tandis que le Délice de Mây Bay associe un bouillon de légumes maison au saté, des pâtes de riz, du tofu et du shiitake.
Ces nouilles dialoguent aussi avec d’autres préparations à base de farine de riz, comme le Bánh cuốn, notre crêpe vietnamienne cuite à la vapeur, ou le Hà cảo, raviolis aux légumes. La même matière première, travaillée différemment, donne des textures qui n’ont plus rien à voir. Nos plats sont également disponibles à emporter pour ceux qui souhaitent les retrouver chez eux ou au bureau, un usage très fréquent le midi à Vincennes.
À retenir
La version végétale d’un plat de vermicelles ne consiste pas à retirer un ingrédient, mais à reconstruire l’équilibre entre acidité, salinité, croquant et herbes fraîches.
Choisir et gérer ses vermicelles de riz en restauration
Pour un usage professionnel, le choix d’un vermicelle de riz pour restaurant se joue sur plusieurs critères. La composition doit être courte et stable d’un lot à l’autre. Le diamètre de nouille doit être régulier, sous peine de cuissons hétérogènes. Le pays de fabrication, souvent le Vietnam pour les références les plus fidèles, mérite d’être vérifié, tout comme les allergènes, le numéro de lot, la date de durabilité minimale et la disponibilité en conditionnement professionnel. Un produit peut donner un résultat parfait en préparation minute et devenir collant après vingt minutes de mise en place, d’où l’importance de le tester dans les conditions réelles du service.

Côté organisation, quelques règles simples évitent la plupart des déconvenues. Il vaut mieux cuire en petites quantités, refroidir rapidement, égoutter soigneusement, portionner individuellement et ne jamais laisser les nouilles immergées dans l’eau. La sauce ne doit pas être mélangée à l’avance à l’ensemble de la production. Une fois réhydratés, les vermicelles deviennent un aliment prêt à consommer et relèvent des mêmes précautions que toute préparation cuite, avec respect de la chaîne du froid, séparation des produits crus et cuits et traçabilité. Aucune durée réglementaire universelle n’existe spécifiquement pour les vermicelles cuits, ce sont donc les procédures HACCP propres à chaque établissement qui s’appliquent.
Aller plus loin avec les vermicelles de riz vietnamien
Maîtriser les vermicelles de riz vietnamien, c’est comprendre une matière première simple mais exigeante, dont la réussite tient à quelques minutes de cuisson et à un rinçage bien conduit. Bún, phở, miến et bánh hỏi ne sont pas interchangeables, et chaque plat vietnamien repose sur le bon choix de nouille.
Chez Mây Bay, cette attention se traduit par une carte entièrement végétale où le bún, la nouille de phở et les pâtes de riz sont travaillés au quotidien, à Vincennes, aux portes du bois. Vous pouvez découvrir ces plats sur place ou les commander à emporter, sur réservation pour les déjeuners en groupe.
FAQ
Peut-on manger les vermicelles de riz froids ?
Oui. Ils sont couramment servis froids ou tièdes dans les salades vietnamiennes et les bols de vermicelles. Après cuisson et rinçage à l’eau froide, ils se conservent au frais quelques heures, couverts, et se détendent au moment du dressage avec un filet de sauce.
Quelle est la différence entre vermicelles de riz et vermicelles de haricot mungo ?
Les premiers sont fabriqués à base de farine de riz et deviennent blancs opaques après cuisson. Les seconds, souvent appelés vermicelles transparents, restent translucides et présentent une texture plus élastique et glissante. Ils ne se substituent pas l’un à l’autre dans une recette.
Comment réchauffer des vermicelles déjà cuits sans les abîmer ?
Le plus sûr est de les plonger quelques secondes dans un bouillon chaud ou de l’eau frémissante, puis de les égoutter aussitôt. Le micro-ondes a tendance à les assécher par endroits et à les rendre caoutchouteux.
Les vermicelles de riz conviennent-ils aux enfants ?
Leur texture souple et leur goût neutre les rendent faciles à accepter. Il suffit de les couper légèrement et de servir la sauce à part pour laisser l’enfant doser lui-même l’assaisonnement.
Peut-on congeler des vermicelles de riz cuits ?
Ce n’est pas recommandé. La décongélation dégrade la structure de l’amidon et rend les fils friables. Mieux vaut cuire à la demande, en petites quantités, et conserver le paquet sec dans un endroit sec et à température ambiante.


